Les premiers jours avec bébé sont riches en émotions. Pour ne pas être spectatrice mais bien active dans le déroulement des premiers jours, c’est important d’y être préparée (psychologiquement).

 Vous êtes curieuse de savoir comment ça va se passer ?

Lisez cet article, et vous pourrez mieux prévoir les premiers jours avec bébé. Cela vous permettra de pouvoir les vivre comme vous le souhaitez.


Premier jour = premières tétées !

La première tétée est très importante. Malheureusement la mise au sein est souvent faite par le personnel médical présent dans la salle d’accouchement. C’est dommage qu’on ne laisse pas à bébé l’occasion de prendre le sein de lui-même. En tout cas en France c’est comme ça.

Souvent on est spectatrice devant ça. On nous met bébé au sein sans même qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte… Ca a été mon cas, et beaucoup de mes lectrices me racontent qu’elles l’ont vécu comme une frustration car elles auraient voulu voir bébé ramper vers le sein et le prendre en bouche tout seul.

A la naissance : la toute première tétée

 

Dès la naissance de votre bébé, si tout se passe bien, une sage-femme vous mettra bébé pour le « peau à peau« . Peu de temps après, dans beaucoup d’hôpitaux et de cliniques, on vous mettra bébé au sein sans vous demander votre avis. (Si vous aviez déclaré vouloir allaiter lors de votre inscription bien sûr.)

 

Votre bébé effectuera sa toute première tétée. Il s’agit de la rencontre avec bébé : le tout premier contact, et la toute première tétée ! Un instant magique !

Cette tétée va lui permettre d’être rassuré car la naissance est un facteur de stress pour lui… Elle va aussi lui permettre de découvrir en douceur l’alimentation par la bouche (et non plus par le liquide amniotique). Il va téter tranquillement et profiter des premiers instants avec sa maman tout en reprenant des forces grâce au colostrum.

Vous serez certainement épuisée, mais heureuse, et fascinée par votre enfant !

Je me souviens de ce moment magique, celui où on ressent cet amour extraordinaire et inconditionnel, l’amour éternel, qui a donné son nom à mon blog ! C’est merveilleux !

 ➡  Si vous souhaitez profiter pleinement de cet instant, et que votre bébé puisse chercher et prendre le sein tout seul, je vous conseille de le préciser dans votre projet de naissance. Ca pourra grandement améliorer sa prise du sein pour la suite de l’allaitement.

➡  Je vous conseille aussi de demander à être positionnée dans la position « biological nurturing« . C’est une position dans laquelle vous êtes semi-allongée. C’est à dire que votre buste est légèrement relevé, à environ 45°.



Premier jour : premières 24h

A la naissance, le nouveau-né effectue sa première tétée : il va extraire le précieux colostrum maternel. Il sera bien éveillé pendant les deux premières heures suivant sa naissance.

Vous pourrez en profiter pour l’observer, le toucher, et lui parler. Il va s’imprégner des voix qu’il entendra autour de lui, des odeurs, et gardera en mémoire la silhouette de maman (sa vue étant encore trouble).

S’ensuit une période de somnolence et de repos pour se remettre de l’accouchement. Bébé aussi est fatigué car lui aussi a fait de nombreux efforts et subi les contractions pour découvrir la vie extra-utérine !

Pendant les premières 24 heures, le premier jour, les tétées sont donc limitées, ce qui vous permettra de dormir et de récupérer un peu. Elles sont de l’ordre de 5 à 6 tétées au total.

Ces tétées se manifesteront par la libération du colostrum, le premier lait maternel, celui qui précède le lait. Vous verrez que bébé va vite se rattraper par la suite et sembler vouloir téter continuellement ! C’est normal, rassurez-vous.

JOUR 2 : Un cap difficile à passer. Vous y arriverez !

Deuxième jour : les prémices d’une nuit difficile

premiers jours allaitement

Le deuxième jour, votre bébé devrait être plus éveillé et un peu désorienté, voir nerveux.

 C’est en principe le moment le plus difficile de l’allaitement pour diverses raisons :

  • Parce qu’on n’a pas forcément bien dormi la veille…
  • Parce que c’est nouveau et on se sent vite désemparée si les cris de bébé persistent ou s’il ne tète pas sereinement.
  • Parce qu’on est fatiguée.
  • Parce que c’est le début des nuits blanches ou presque !
  • Parce que le personnel médical ne nous aide pas trop, et essaie souvent de nous faire essayer le lait industriel. (J’en parle d’ailleurs dans la rubrique EDITO car je ne supporte pas cette pratique contre productive pour l’allaitement, mais très commerciale et favorable au lait industriel)
  • Parce qu’on doit déjà gérer plein de choses en même temps : nos propres soins (douche, toilette, changement des couches, prise de médicaments parfois…), les soins de bébé (bain, changer les couches, changer bébé), allaiter bébé, recevoir les visites, prévoir un moment pour la venue du photographe, répondre aux appels téléphoniques, etc…

Un rythme de tétées effréné

Votre bébé voudra téter à un rythme moyen d’une tétée toutes les 2 heures afin d’atteindre 8 à 12 tétées par 24 heures.

Pour accepter ce rythme de tétée et le vivre avec quiétude, c’est important de comprendre le réel intérêt de cette fréquence des tétées. Comprendre que ce n’est pas bébé qui veut trop téter ou qui n’est pas assez efficace etc…

La réalité c’est que bébé doit téter très souvent afin de solliciter au maximum vos seins. Et plus précisément vos glandes lactifères. C’est grâce à cette fréquence des tétées, que votre corps va pouvoir produire le lait de transition qui se manifeste par la montée de lait.

La montée de lait ayant lieu entre le deuxième et le sixième jour en moyenne.


Pour en savoir plus sur la montée de lait, cliquez ici.


Un post partum pas toujours glamour

La journée n’aura pas été reposante. Vous aurez eu des visites, vous aurez -il faut le dire- peut-être des problèmes de constipation et d’incontinence… et vous porterez des grosses couches pour les pertes de sang qui ont lieu les jours suivant l’accouchement !…

Je sais, le tableau n’est pas beau, mais si vous le savez, vous y serez préparée. Il faut savoir que c’est commun, c’est normal quoi. La zone est traumatisée par l’accouchement et donc tout est un peu déréglé.

[ D’après mon expérience et les retours des autres mamans, je pense que le post partum est moins difficile lorsqu’on accouche sans anesthésie. J’ai personnellement eu recours à la péridurale et je me demande souvent si j’ai bien fait de la demander. On ne peut pas revenir en arrière mais en tout cas à l’époque je ne savais pas que cela aurait un impact sur la suite. Si vous pensez avoir recours à la péridurale, renseignez-vous sur les effets post-partum : hémorroïdes, fatigue, qualité de l’allaitement.]

La bonne nouvelle est que l’allaitement aide le corps à se remettre plus vite de l’accouchement ! Grâce aux hormones sécrétées pendant l’allaitement, vos pertes de sang dureront moins longtemps, ce qui vous exposera moins aux carences en fer.

Deuxième nuit : la pire de l’allaitement maternel !

La mauvaise nouvelle, c’est que la deuxième nuit est souvent épouvantable ! Votre bébé sera surement nerveux, désorienté et aura besoin de réconfort. Vous donnerez toute votre énergie pour le calmer, le nourrir, et vous verrez que ça ne suffira peut-être pas ! Vous risquez de perdre espoir ! En plus, vous aurez peut-être déjà des douleurs aux seins, voir des crevasses.



 

TEMOIGNAGE : « J’ai moi-même beaucoup souffert de la deuxième nuit. Ca a été une nuit blanche. J’étais ultra fatiguée, mon fils hurlait. Je pensais qu’il avait faim, et quand je l’approchais du sein il se rejetait en arrière en hurlant. Je ne savais plus quoi faire, les sages-femmes me faisaient essayer d’autres positions mais ça ne marchait pas. Je pleurais aussi car je n’en pouvais plus. Quand je réussissais à le faire téter il se calmait, mais alors, quelle épreuve ! »

 ➡ Rappelez-vous que c’est normal. Pour ma part, je ne savais pas que c’était une situation classique. Le savoir, c’est partir avec plus de force et mieux préparée. Essayez la position ballon de rugby. C’est celle qui m’a aidée à rassurer mon bébé, même si elle est difficile à comprendre au début ! La position biological nurturing est très bien aussi.


JOURS 3 et 4 : L’arrivée du lait et parfois des crevasses 🙄 

La montée de lait, c’est quoi ?

montée de laitAu cours du troisième et quatrième jour, si vous avez résisté aux précédents, vous allez vivre les sensations de la montée de lait.

Vos seins seront plus lourds, ils se rempliront de lait, et vous sentirez -peut-être- les fameux petits picotements dans les seins avant chaque montée de lait.

LA montée de lait est le passage du premier lait, le colostrum, au lait de transition (de tonalité blanche aux reflets jaunes, et liquide). Viendra ensuite le lait « définitif ».

Vous serez fière d’avoir réussi et de pouvoir allaiter votre enfant ! Personnellement j’ai trouvé ça magique le passage du colostrum au lait. Ce sont des réussites après des épreuves. On les vit pleinement !


Pour en savoir plus sur la montée de lait, c’est ici.


D’autres jours, d’autres épreuves

Cependant d’autres épreuves restent à venir, -même si ce n’est pas le cas de toutes les mamans-. Les épreuves fréquentes à affronter au cours de l’allaitement sont les suivantes :

  • fatigue due à un manque de sommeil (tétée toutes les 2h)
  • engorgement des seins (fréquent, mais sans gravité.)
  • bébé qui présente des difficultés à téter (il doit acquérir de la technique et on doit apprendre à bien le positionner !)
  • douleurs vives sur et autour des aréoles : crevasses

TEMOIGNAGE : «On peut dire que j’ai souffert pendant les 15 premiers jours de l’allaitement. Oui, les 15 premiers jours ! Les crevasses sont très difficiles à faire partir quand on produit du lait 24h/24h et que bébé tête souvent. L’humidité permanente et l’action mécanique de succion n’aident pas à la guérison.»


Pour savoir comment soigner les crevasses, comment bien faire téter, et adopter de bonnes positions pour allaiter, cliquez ici.


En conclusion, j’espère que je ne vous ai pas fait peur ! Rassurez-vous, toutes les mères ne souffrent pas les premiers jours de l’allaitement, certaines ont de la chance ! Il faut savoir que c’est quand même fréquent, et assez tabou.

Si je dois vous dire une chose, et c’est celle que je vous conseille de retenir, c’est que l’allaitement, c’est (parfois) 3 à 15 jours de souffrance pour 1 an ou plus de bonheur, et cela constitue un don pour la vie.

Voilà, gros bisous à vous toutes, bon courage, et bon allaitement !

 

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