Lorsqu’on allaite, qui plus est quand on allaite à la demande, cela peut faire une drôle d’impression de se voir « imposer » le sevrage du jour au lendemain. En effet, on se soumet aux désirs de bébé, on est à son écoute, à sa disposition 24h/24h depuis sa naissance. Arrivée la période des 6-7 mois, lorsqu’on fait la visite chez le pédiatre, et celui-ci nous dit de commencer la diversification alimentaire.

Heu… oui, d’accord, mais alors, cette fois-ci je ne suis plus vraiment à l’écoute de bébé alors ! On peut être dans une position où on se demande pourquoi on doit d’un seul coup imposer un tel changement à bébé !

On est en droit de se poser la question suivante : comment est-il possible qu’ un besoin primaire ait besoin d’être programmé à l’avance, et qui plus est, imposé ?

Dans cet article, nous allons voir :

  • Les besoins nutritionnels de bébé
  • Comment laisser bébé choisir quand commencer la diversification, et quoi manger ?
  • Pourquoi faire confiance à bébé, ce tout petit être ?

Besoins nutritionnels : ils changent vers six mois

Le lait maternel :  » pendant au moins six mois « 

lait maternelD’un point de vue nutritionnel, le lait maternel couvre tous les besoins d’un bébé normal (né à terme, sans anomalie particulière) jusqu’au 7ème-8ème mois de vie au moins.

Cette certitude a mené l’OMS – organisation mondiale de la santé- et l’UNICEF -fond des nations unies pour l’enfance-, et même toute la sphère scientifique nationale et internationale à recommander un allaitement exclusif au sein pendant « au moins » les six premiers mois de vie.

Par contre, l’ESPGHAN, société Européenne de gastro-entérologie, pathologie et nutrition pédiatrique, suggère de commencer la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois.

Au vu de telles différences de recommandations de la part des sociétés référentes, comment se positionner ? A quel âge commencer la diversification alimentaire pour notre enfant ?

Introduction d’un aliment avant les six mois de bébé

Anticiper la diversification alimentaire pour la mettre en place avant les six mois révolus de bébé est entièrement inutile. C’est même au contraire, à déconseiller, car tout autre aliment que le lait maternel aura, à cette période de vie un apport nutritionnel moindre.

De plus, pour des raisons purement physiologiques, un bébé de moins de six mois risque fortement d’être incapable d’ingérer des aliments, sans parler de l’immaturité de son système digestif.

Pour en savoir plus, je vous conseille de lire l’article suivant : à quel âge diversifier l’alimentation de bébé ?


Diversification alimentaire : laisser bébé décider !

Expérimentation : la diversification autonome

Laisser bébé décider, c’est considérer que le passage à l’alimentation semi-solide ou solide doit se faire naturellement, au rythme de bébé. C’est tout simplement faire confiance à la nature et à l’instinct de bébé.

Après tout, s’il doit passer à une alimentation différente du lait, il devrait être attiré naturellement par la nourriture que son papa et sa maman mangent tous les jours ! Bien entendu, c’est de cela qu’il s’agit !

Si vous êtes prêt à faire confiance à votre chère progéniture, et à tenter l’expérience, faites-le !

Laisser bébé décider… Oui, mais comment faire ?

Rien de plus simple, enfin, c’est vite dit… Voici comment procéder :

repas de famille avec bébéPrenez tous vos repas à table, tous ensemble, avec votre enfant. Laissez-le découvrir les choses. Ne lui imposez rien et ne lui proposez rien. Laissez sa curiosité prendre le dessus, sans influencer ses choix. Pour cela, faites en sorte que les aliments soient à sa portée, de manière à ce qu’il puisse se servir tout seul, et goûter à tout.

Ce sera la seule manière de savoir si votre bébé est prêt, et a envie de commencer la diversification. C’est simple, s’il est curieux de manger, et qu’il goûte la nourriture avec intérêt, c’est qu’il est prêt d’un point de vue émotionnel.*

Reste à savoir s’il est prêt d’un point de vue physiologique. Pour faire simple, s’il recrache la nourriture de manière involontaire, c’est qu’il n’est pas encore prêt. Afin d’en savoir plus, n’hésitez pas à lire mon article sur les mouvements réflexes de bébé.

Pas si facile à faire n’est-ce pas ? Pourquoi ?

*A ne pas confondre avec le stade oral, période où bébé met tout à la bouche de manière impulsive, sans avoir un intérêt particulier pour l’objet en question.

Prisonniers de notre propre représentation de l’alimentation

Nous, parents, avons un rapport à la nourriture peu souvent simple, et totalement conditionné. Entre les diktats de la beauté, les régimes, l’industrie alimentaire, les lobbys et autres, nous sommes profondément perdus.

Même les règles de nutrition sont contradictoires. On nous conseille cinq fruits et légumes par jour, mais il faut faire attention aux pesticides… On nous suggère de manger des protéines pour être plus musclés et moins gras, mais il ne faut pas manger trop de viande, c’est mauvais pour les artères, et pour la planète (élevage bovin notamment)… On nous dit que le poisson est bon pour la santé mais attention au mercure etc….

Malgré tout ça, nous souhaitons apporter le meilleur à notre enfant, et procéder de la meilleur façon qu’il soit. Malheureusement, ceci peut nous rendre rigides, stressés, voir invasifs.

Mon conseil : Soyez plus zen en faisant confiance à bébé. Lui seul n’est pas encore conditionné par la société, et il a encore tout son pouvoir instinctif naturel.


Diversification alimentaire : faites confiance à votre bébé !

Bébé connaît déjà vos habitudes alimentaires

Dans le ventre de maman, pendant la grossesse, votre bébé a déjà goûté et intégré vos habitudes alimentaires à travers le liquide amniotique. De ce fait, si votre cuisine est épicée, ou a une certaine particularité, bébé y est déjà préparé.

Pendant l’allaitement, à travers le lait maternel, il a poursuivi la découverte des saveurs que sa maman a pu manger.

Ces deux étapes l’ont préparé à la prochaine étape, celle pour laquelle vous lisez cet article : la diversification alimentaire.

L’instinct naturel de bébé

  • Choix des aliments

Votre bébé sait -contrairement à nous, adultes-, suivre son instinct naturel. Il lui permettra d’être attiré par les aliments qui répondent à ses besoins. Le choix d’aliments riches en protéines, aminoacides, glucides, acides gras, riches en eau etc..

chat instinctL’important, et le plus difficile est de le laisser faire. Il ne faut pas orienter ses choix, ni corrompre cette capacité naturelle à choisir ce qui est bon pour lui. Pour ne pas interférer dans son mouvement instinctif vers un aliment précis, il faudra lui faire confiance, à lui, ce petit être sans défenses !

A titre d’exemple, je vais parler du chat, animal domestiqué qui a gardé son instinct sauvage. Présentez un verre de cola ou un chocolat à un chat. Le chocolat, il va le sentir, puis le lécher, et s’en aller tranquillement. Le verre de cola, il va s’approcher, puis il va s’enfuir à toute vitesse ! C’est un peu caricatural, mais ça montre qu’on sait instinctivement ce qui est bon pour nous.

Ceci dit, il est préférable de prendre quelques précautions concernant les premiers aliments qu’on mettra à sa portée, notamment dans les familles sujettes aux allergies.

Et si malgré votre confiance en bébé vous avez tout de même besoin d’être guidé(e) dans cette étape pour vous sentir plus serein(e), vous trouverez un guide pour commencer la diversification alimentaire ici.

  • Appétit

L’appétit de bébé saura le guider afin qu’il réclame à manger seulement lorsqu’il aura faim. Il régulera la quantité de calories, le moment adéquat pour les assimiler, et le choix des aliments appropriés.

Par exemple, un bébé heureux de commencer la diversification alimentaire risquera de manger beaucoup aux premiers repas. Ce n’est pas grave. Il adaptera de lui-même les quantités de nourriture absorbées lors des repas suivants.


En conclusion, que l’on commence la diversification un peu avant ou un peu après les six mois révolus conseillés, la meilleure des options reste de faire confiance à son bébé. Soyez attentifs, à son écoute, et donnez lui les moyens de découvrir la nourriture par lui-même en mettant les choses à sa portée pendant les repas. Laissez-le gérer tout cela de manière instinctive, et vous verrez que le sevrage deviendra plus facile, moins préoccupant, et plus naturel.

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