La reprise du travail est stressante pour toute maman d’un petit bébé… Car celui-ci demande beaucoup d’attention et d’amour, et devoir s’en détacher fait mal au cœur.

Malheureusement nous n’avons parfois pas d’autre choix que de devoir reprendre le travail malgré notre volonté forte de rester avec notre cher bambin.

Et la plupart du temps il s’agit de sacrifier notre présence réconfortante pour bébé, pour répondre à des besoins économiques…

Une situation très frustrante, que tu vis sans doute avec beaucoup d’émotions et le cœur déchiré.

Envisager de reprendre le travail alors que ton bébé est à peine haut comme 3 pommes est terriblement difficile.

Je te comprends, et je souhaite, au travers de cet article, t’aider à relativiser, et bannir la culpabilité que tu ressens certainement.

Pour cela, nous allons voir ensemble les 9 appréhensions que tu éprouves sans doute pour t’aider à les affronter avant la reprise du travail.

Ne pas réussir à tirer suffisamment de lait pour l’assistante maternelle ou la crèche

La reprise du travail est préoccupante lorsqu’on allaite parce qu’on passe d’une alimentation directe au sein, où tout est prêt et disponible à température idéale, en quantité souhaitée à un alimentation au biberon par une tierce personne.

Finalement on se rend compte combien c’est facile d’allaiter au sein.

On allaite quand bébé à faim et puis c’est tout !

Inutile de se poser des questions du genre :

  • Combien de mL dois-je prévoir par jour pour bébé ?
  • Comment m’organiser pour tirer suffisamment de lait avant la reprise du travail ?
  • Comment vais-je faire pour entretenir cette réserve de lait une fois que j’aurai repris le travail ?

Dis-toi que c’est normal que tu te poses toutes ces questions.

Et pour commencer, j’ai envie de te dire une chose : procède par étapes.

Si tu ne procèdes pas par étapes, tu vas être noyée sous tes interrogations et tes appréhensions.

Commence simplement par établir une routine pour construire une réserve de lait maternel assez conséquente afin de te sentir moins stressée au moment de la reprise du travail.

Cela doit être ton seul objectif. Pour l’instant.

N’essaie pas de calculer à l’avance les quantités à prévoir pour ton bébé, ni de trop penser à ce qu’il va se passer après la reprise du travail.

Concentre-toi sur l’essentiel avant la reprise : faire un bon stock de lait. Le reste viendra après.

Réussir la transition au biberon

Beaucoup de mamans appréhendent énormément le moment du passage au biberon :

  • Et si bébé refusait de prendre le biberon ?
  • Et s’il se laissait mourir de faim toute la journée en attendant mon retour du travail ?
  • La nounou va t-elle être assez patiente et prendre le temps de lui proposer plusieurs fois le biberon jusqu’à ce qu’il accepte ?
  • Va t-il souffrir de cette séparation ?
  • Et s’il faisait une confusion sein-tétine ?

Encore une fois, c’est tout à fait légitime de te poser toutes ces questions.

Pour répondre à tes questions, je dirais que le passage au biberon est une étape difficile la plupart du temps.

Et il n’y a pas vraiment de recette magique pour que tout se passe facilement.

Oui ton bébé risque de s’énerver et de pleurer les premières fois. Il exprimera sa colère de devoir téter au biberon plutôt qu’au sein.

C’est normal, ce n’est pas du tout la même chose.

Sois consciente que c’est une étape nécessaire, et que son comportement traduira la frustration qu’il ressentira de devoir renoncer à téter au sein à chaque fois que tu lui proposeras le biberon.

Mais ton bébé apprendra à l’accepter, et tu en souffriras certainement plus que lui. Alors essaie de ne pas culpabiliser.

Si ton bébé refuse de prendre le biberon, il faut juste persévérer avec calme, sans t’énerver, sans pleurer, sans (trop) stresser.

Voici quand même quelques pistes pour t’aider à lui faire accepter le biberon si tu rencontres des difficultés.

Si tu souhaites suivre des directives plus précises, être guidée pas à pas dans la préparation de la reprise du travail, saches que j’ai créé un programme ultra complet détaillé dans 5 modules.

Biberon et confusion sein tétine

L’usage du biberon entraîne un risque de confusion sein tétine.

Si tu as la chance de trouver une assistante maternelle ou une crèche pro allaitement, disposée à donner ton lait à ton bébé dans un autre récipient que le biberon, c’est mieux !

Tirer suffisamment de lait pour subvenir aux besoins de bébé

C’est l’une des grandes difficultés :

Poursuivre l’allaitement le plus longtemps possible malgré la reprise du travail.

Tu as peur que ta production de lait maternel se tarisse naturellement lorsque tu reprendras le travail.

Logique, la fréquence des tétées va diminuer drastiquement, et tes seins risquent d’être engorgés les premiers temps…

Tout cela va forcément entraîner une chute de ta lactation.

C’est évident.

Je ne peux pas te faire croire le contraire.

Cependant tu n’es pas impuissante face à cette situation.

Tu vas pouvoir engager des actions qui vont limiter cette baisse de production de lait maternel, et faire en sorte de la relancer ou la « rebooster » à chacun de tes retours à la maison.

Quelques actions que tu pourras mettre en place :

  • Au travail, pour éviter que ta lactation baisse, évites au maximum l’engorgement mammaire. Vide tes seins régulièrement. Pour cela, tire ton lait dès que possible. Dès que tu as une pause, même si c’est 5 minutes, extrait ton lait. (Quitte à le jeter si tu le tires dans des conditions d’hygiène aléatoires)
  • Allaites ton bébé au sein juste avant de partir au travail, et dès ton retour à la maison. Ensuite, le soir, allaite le à la demande. (La nuit aussi si tu t’en sens capable et que tu n’es pas trop fatiguée)
  • Le WE, repars sur un rythme d’allaitement à la demande, et fais en sorte de poursuivre tes tirages pour entretenir ta collecte de lait maternel.
  • Optimiser le temps et les quantités de lait maternel que tu tires au tire-lait afin d’y passer moins de temps et d’augmenter ton stock plus facilement.

Ne pas réussir à tirer ton lait

As-tu peur de ne pas réussir à tirer ton lait au travail ?

Peur qu’il n’y ait rien dans le tire-lait ?

Ou bien de ne pas trouver de salle pour le faire ?

Tu as raison de t’en préoccuper. Je vais te donner des astuces pour réussir à tirer ton lait dans la suite de l’article.

La convention collective et tes droits

Je te conseille de lire la convention collective de ton travail pour t’informer sur tes droits et les possibilités que tu as pour tirer ton lait au travail.

Tu peux également te rapprocher du service Ressources Humaines pour leur demander quelles possibilités s’offrent à toi pour t’organiser.

Le principal est de trouver un endroit où tu vas pouvoir tirer ton lait sans avoir peur d’être vue par tes collègues.

Un lieu dans lequel tu te sentiras à ton aise, et détendue.

Une salle avec une prise de préférence, pour pouvoir brancher ton tire-lait électrique.

Et si tu disposes d’une salle sans prise, et bien tu feras usage du tire-lait manuel ou d’un tire-lait qui fonctionne sur batterie !

Pas de lait sans ocytocine

En tous les cas, le principal c’est que tu trouves un lieu sûr pour tirer ton lait.

Ensuite, fais en sorte que cet endroit soit le plus agréable possible afin de pouvoir sécréter facilement l’ocytocine, l’hormone d’éjection du lait maternel.

La sécrétion de cette hormone, appelée aussi hormone de l’amour et hormone de l’affect, est interrompue en cas de stress…

Alors si tu veux réussir à tirer ton lait, essaie de réunir toutes les conditions pour ne pas être stressée.

Pour cela, comme dit précédemment, trouve un lieu sûr pour tirer ton lait. Ensuite, essaie de comprendre ce qui peut occasionner du stress chez toi afin de l’éradiquer, et être au mieux de ta forme pour extraire ton lait !

Peur de manquer de lait

La peur de manquer de lait est courante dans l’allaitement.

Encore plus à la reprise du travail.

Le nouveau rythme, l’éloignement de bébé, la fatigue, le stress sont autant de facteurs qui impactent négativement sur la lactation.

Tu le sais, et tu crains que ça t’empêche d’atteindre ton objectif : atteindre le premier anniversaire d’allaitement ou le sevrage naturel de bébé par exemple.

La reprise du travail t’empêche de poursuivre ton allaitement comme tu l’aurais souhaité dans l’idéal, et tu as peur de ne pas y arriver.

Toutes ces craintes sont parfaitement normales et je dirais même que tu es tout à fait réaliste.

Difficile de produire du lait à gogo quand on est séparée de bébé, qu’on ne peut pas tirer le lait aussi longtemps qu’on le voudrait, qu’on se trouve dans une situation stressante (le travail + tout ce qui gravite autour), et que la fatigue est déjà prête à bondir si elle n’est pas déjà là !

Quelques conseils pourront t’aider à soutenir ta lactation au moment de la reprise :

  • Fais en sorte d’allaiter au maximum ton bébé quand tu es avec lui en semaine, et en open bar (open boobs !) le WE.
  • En cas de grosse chute de lactation, tu peux introduire une tétée nocturne aux environs de 3h du matin. C’est efficace pour relancer ta lactation (les taux de prolactine, hormone de production du lait maternel sont plus élevés la nuit donc l’impact est plus fort)
  • Fais en sorte de drainer tes seins complètement le plus souvent possible. Que ça soit au tire-lait, ou à chaque tétée.
  • Essaie de suivre un régime galactogène de temps en temps pour soutenir ta production de lait en cas de besoin. Pour cela tu peux imprimer la liste des aliments galactogènes.
  • Fais des micro-siestes dès que possible. Entre midi et 14h par exemple, juste après avoir tiré ton lait. Le sommeil sera bénéfique à ta lactation.
  • Hydrate-toi bien, et profites-en pour boire des tisanes galactogènes. Au travail, tu peux facilement te préparer des tisanes qui favoriseront la production de lait maternel.

Et si tu as besoin d’un vrai coup de boost pour ta lactation, le programme « Avoir plus de lait en 3 jours » est à ta disposition dans l’onglet ressources du blog.

Tu vas devoir tirer ton lait plusieurs fois sur la journée !

Les pensées limitantes

Rien qu’en imaginant une de tes futures journées de travail, tu es déjà freinée par des pensées du style :

  • Je ne vais pas réussir à tirer mon lait autant de fois que je le devrais…
  • Comment vais-je faire pour réussir à avoir assez de lait à confier à l’assistante maternelle ? (ou la crèche)
  • Tu es stressée quant à l’organisation à avoir…
  • Tu as peut-être peur d’être un fardeau au sein de ton équipe selon les responsabilités professionnelles que tu as en devant t’absenter pour tirer ton lait…
  • Peut-être aussi que tu vois ce moment comme un isolement de tes collègues, et que tu as l’impression de ne pas profiter des seuls moments de pause de la journée pour te détendre…

La réalité : tu n’as pas le choix !

Effectivement, tu vas devoir tirer ton lait plusieurs fois par jour si tu souhaites pouvoir entretenir ton stock de lait maternel et poursuivre ton allaitement.

Mais rassures-toi, avec un peu d’organisation, et une routine précise, c’est beaucoup plus simple que ce qu’il n’y parait.

Bien sûr nous ne sommes pas toutes égales face au confort et à l’équipement mis à notre disposition pour tirer notre lait au travail.

Les collègues ne sont pas non plus tous compréhensifs ou respectueux.

Ma foi il faudra faire avec.

La seule chose à retenir c’est que tu fais et feras ton maximum pour pouvoir offrir le meilleur lait possible à ton bébé. Aussi longtemps que tu y arriveras.

Point.

Bien sûr, sans organisation ça risque d’être compliqué.

Voici les conseils que je souhaite te donner pour anticiper la reprise du travail :

  • Prends contact avec l’équipe Ressources Humaines ou ton supérieur hiérarchique avant la reprise du travail pour savoir dans quelles conditions tu pourras envisager de tirer ton lait au travail efficacement, sans impacter sur ton temps de travail.
  • Prévois des récipients de stockage du lait maternel qui nécessitent le moins d’étape de transvasion possible afin de réduire ton temps de tirage, ton temps de nettoyage, et garantir des conditions de tirage les plus hygiéniques possible.
  • Adopte une routine de tirage et d’allaitement efficace pour le travail, la maison en semaine et en WE.
  • Anticipe les moments où tu vas laver le matériel, et stocker ton lait au travail mais aussi les moments où tu vas circuler dans les couloirs pour passer de ta salle de tirage à la salle de stockage ou de nettoyage si ce n’est pas la même pièce…

Finalement, équipe-toi du bon matériel, des accessoires indispensables, organise ta routine quotidienne, et imagine à quoi ressemblerait ta « journée type ».

Cela devrait t’aider à visualiser et anticiper au mieux le retour au travail.

Encore une fois, si tu souhaites être guidée pas à pas, tu peux suivre le programme « Workin’mom », que j’ai créé pour les mamans qui reprennent le travail et souhaitent poursuivre leur allaitement.

Perdre ce lien si particulier avec bébé

Votre lien est éternel

L’allaitement est une histoire d’amour qu’on vit avec intensité.

La relation qui s’établit avec bébé est fusionnelle. Normal, on ne fait qu’un pendant la tétée !

L’une des hantises des mamans face à la reprise du travail est de perdre cette relation lactée si précieuse qu’elles entretiennent avec leur enfant et qui les rend heureuse.

Et cela, malgré les éventuelles difficultés rencontrées !

Il n’y a rien de plus magique que ce lien fort et unique entre une mère et son bébé.

Du coup c’est peut-être une source de stress pour toi.

Envisager de reprendre le travail et de risquer de perdre ce lien…

Rassures-toi, ton lien avec ton bébé est éternel.

Risques de confusion ou de préférence

Ceci étant pour être tout à fait honnête, il y a quand même un risque.

Ce risque, c’est celui de la confusion sein-tétine. Encore une fois !

Oui parce que l’introduction du biberon dans l’allaitement, quelque soit l’âge du bébé, fait courir le risque de confusion.

Sais-tu ce qu’est la confusion sein-tétine ? Il s’agit de la confusion que fait un bébé entre la façon de boire le lait à la tétine, et la façon de téter au sein. Le mouvement de langue est complètement différent.

On parle même parfois de « préférence du biberon » parce que le lait coule facilement, par simple pression sur la tétine.

Le bébé n’a pas de mouvement de langue à effectuer. C’est beaucoup moins fatiguant, ce qui entraîne parfois une grève des tétées ou une « préférence du biberon ». Le bébé refuse alors de téter au sein, il ne veut plus que le biberon !

Je comprends que tu redoutes cela, mais tu n’as pas vraiment le choix, et si jamais cela t’arrive, saches qu’il y a des solutions pour réapprendre au bébé à accepter de nouveau le sein, etc….

Ceci étant, rappelles-toi que tu peux éviter la confusion avec les alternatives au biberon proposées plus haut dans l’article. ( A condition d’avoir une nounou compréhensive !)

Le risque de devoir compléter au lait industriel.

Autre crainte récurrente : devoir passer à l’allaitement mixte.

Beaucoup de mamans sont désespérées à l’idée de devoir donner du lait artificiel à leur bébé.

Elles sont préoccupées par la « baisse de qualité » et surtout de sûreté pour leur bébé si jamais elles devaient passer au lait de vache.

On a toutes en tête les polémiques sur la Listeria dans les laits maternisés.

Et quelque part, en allaitant on sait qu’on préserve notre enfant de tout cela.

Cesse d’y penser. Fais ton maximum, et tu verras bien.

Cela ne sert à rien de penser au pire… à part générer du stress qui n’est pas bon pour ta lactation.

Devoir arrêter l’allaitement

Le pire, le cauchemar suprême serait de devoir arrêter l’allaitement à contre cœur.

Après avoir survécu à toutes les difficultés, les poussées de croissance, la fatigue, etc…. devoir renoncer par manque de lait….

Un sentiment d’échec renverserait alors notre esprit et nous serions condamnées à la déprime…

DRAMA !

Oui, je sais, cela ressemble à une tragédie, et non je ne prends pas ça à la légère, et encore moins à la dérision.

Je sais que c’est dur de penser à un arrêt inopiné de l’allaitement.

Un arrêt brutal, non désiré. Imposé même.

Surtout quand on a des objectifs en tête.

L’envie de poursuivre, d’aller plus loin.

Ne t’inquiètes pas.

Je t’ai livré un paquet de conseils dans cet article.

Si tu les appliques, tu augmentes déjà grandement tes chances de poursuivre ton allaitement avec brio malgré la reprise du travail.

Et si malgré cela tu éprouves encore des difficultés ou tu sens que ta lactation peine à suivre le nouveau rythme, je serai là pour t’aider.

Au travers du blog, de la newsletter ou de mes programmes d’accompagnement.

Bienvenue sur le blog et bonne poursuite de ton allaitement !