La première tétée a une importance capitale dans la suite de l’allaitement. Une première tétée réussie est très bénéfique à la poursuite de l’allaitement.

Pourtant, les routines de soins des hôpitaux et cliniques entravent très souvent cette « tétée d’accueil ».

Voyons ensemble comment se passe la première tétée, ainsi que les conditions favorables pour une première tétée réussie !


La première tétée ou tétée de bienvenue

Comment se passe la première tétée ?

Vous êtes en salle de naissance, et vous venez d’accoucher.

Vous pensez qu’on va vous mettre votre bébé directement sur vous afin qu’il effectue sa première tétée ? Et bien, c’est loin d’être une garantie ! Souvent, les protocoles hospitaliers ont priorité sur votre rencontre avec votre bébé !

 

Quand le protocole des naissances fait intrusion dans la rencontre entre la mère et l’enfant

Voici le type d’interventions que prévoit le protocole hospitalier à la naissance d’un bébé :

  • Toilette du nouveau-né.
  • Mesures et prise de poids du bébé.
  • Application de gouttes dans les yeux.
  • Aspiration naso-pharyngée des glaires.
  • etc…

Selon votre lieu de naissance, ce protocole sera effectué en priorité, et votre rencontre avec votre bébé mise au second plan. De ce point de vue, les naissances sont très médicalisées, et perdent un peu de leur magie.

Vous serez certainement fatiguée par votre accouchement, et émue par la naissance de votre petit être d’amour. Vous risquez de « subir » passivement tout cela sans vraiment vous rendre compte de ce qu’il se passe. On vous prendra votre bébé pour effectuer des soins, et vous ne saurez pas si c’est indispensable ou pas, alors vous ne direz rien. Vous vous contenterez de penser que le personnel médical fait ce qu’il faut.

Et à un moment donné, sans même que vous vous en rendiez compte, une sage-femme ou une infirmière vous mettra votre bébé au sein.

 

Faire en sorte que l’accueil du bébé soit la priorité

L’accouchement est quelque chose de difficile et de merveilleux.

La naissance est l’un des plus beaux souvenir d’une vie entière. C’est la concrétisation d’un amour, d’une conception, d’une attente de vivre à trois (ou plus).

Ne laissez pas les routines de soins envahir votre rencontre avec bébé. Ne les laissez pas vous le retirer pour suivre bêtement leur routine, sans se soucier du côté humain. Agissez dès votre grossesse pour que l’accueil de votre bébé, et votre rencontre mutuelle soit la priorité. Les soins doivent être secondaires s’ils ne sont pas urgents.

La première tétée sera ainsi nettement plus naturelle, et votre allaitement se déroulera beaucoup plus facilement.

 

{Mon conseil} : Choisissez bien le lieu de votre accouchement. Un hôpital ou une clinique favorable à l’allaitement vous apportera de réels bénéfices et vous vivrez nettement mieux vos premiers jours d’allaitement.

 

Première tétée et colostrum

Lors de la première tétée, ou tétée de bienvenue, votre bébé recevra du colostrum. Il s’agit du premier lait maternel que vous fabriquez.

Vous avez peut être déjà eu quelques « échantillons » de votre colostrum pendant la grossesse : une petite auréole sur le t-shirt, ou une petite perle de lait jaune sur le mamelon…

A travers cette première tétée votre enfant sera de nouveau en fusion avec vous. L’allaitement est le prolongement naturel du lien entre la mère et l’enfant. 

Cette tétée le réconfortera dans cette situation très déroutante pour lui qu’est la découverte du monde extra-utérin.

Découvrez tous les bienfaits du colostrum ici.

 

Les conditions favorables à la réussite de la première tétée

Les conditions qui contribuent au succès de la première tétée sont énumérées sur les sites de l’OMS et de l’UNICEF. Nous allons voir ensemble celles qui sont vraiment essentielles.

Une mise au sein le plus tôt possible après la naissance du bébé.

Après la naissance, le nourrisson est très éveillé. C’est le meilleur moment pour effectuer la première tétée.

En effet, pendant environ deux heures, il sera très réceptif à tout ce qui l’entoure, et mémorisera toutes les informations sensorielles : odeurs, voix, contacts, etc…

Une mise au sein précoce permettra d’exploiter l’éveil sensoriel de votre bébé. Cela multipliera vos chances de réussir cette première tétée.

 

Un contact peau à peau entre maman maximum

Le contact précoce entre la mère et son bébé est très favorable pour l’allaitement maternel, mais aussi pour les émotions des deux protagonistes.

Après son accouchement, la mère a un besoin profond de sentir son bébé contre elle. Elle a besoin d’être rassurée, de voir qu’il va bien, et d’être en contact avec lui. Toute séparation sera ressentie comme une frustration, un stress, et s’accompagnera de la peur qu’il y ait un problème.

Le nouveau-né, complètement désorienté par le nouveau monde qui l’entoure trouvera pour seuls repères connus, l’odeur de sa mère, sa voix, et surtout, l’odeur du colostrum. Ce premier lait auquel va s’empresser de goûter le nourrisson, a une composition similaire à celle du liquide amniotique. C’est la raison pour laquelle il est attiré naturellement vers le sein de sa maman : pour l’odeur du colostrum.

La première tétée va non seulement offrir à votre bébé tous les bienfaits du colostrum, mais elle va surtout le rassurer.

{ A retenir } :

  • Il faut établir un contact « peau à peau » le plus tôt possible après la naissance.
  • Prolonger le « peau à peau » le plus possible notamment grâce au rooming-in ( Bébé reste dans la même chambre que sa maman jour et nuit).

 

Eviter l’intervention excessive du personnel médical

De nos jours, l’accouchement est très médicalisé.

Les routines de soin en salle de naissance sont souvent excessives. Bien sûr, il faut toujours être attentifs à la sécurité de la mère et l’enfant. Cependant, les interventions devraient se résumer aux nécessité médicales.

Lorsque tout va bien, qu’il n’y a pas de danger, la rencontre entre la mère et l’enfant devraient être la première préoccupation du personnel médical.

L’établissement du lien maternel lors de l’accueil du nouveau-né est très bénéfique à la mère, au bébé, et à l’allaitement. Malheureusement, des pratiques de routine entravent souvent cette rencontre, en la repoussant à « plus tard ».

Souvent, les soins de routine prennent le dessus sur ce moment merveilleux : la rencontre entre la mère et son enfant.

→ Je vous invite à demander un report des soins de routine (mensuration, soin du cordon ombilical) et à l’intervention des aides-soignants seulement en cas de difficultés ou de risques. = Demande à effectuer dans votre projet de naissance.

 

Une prise du sein instinctive grâce au crawl du nouveau-né

Le crawl du nouveau-né correspond au déplacement instinctif du bébé vers le sein de sa mère, à la naissance.

Si personne ne le dérange (notamment le personnel médical), et qu’on le pose sur le ventre de sa maman juste après sa naissance, il rampera jusqu’au sein. Il prendra le sein tout seul, de sa propre initiative, sans aide.

La durée du crawl du nouveau-né varie considérablement selon les bébés. Il faut donc être patients, et laisser au nouveau-né le temps qu’il faudra pour qu’il accomplisse cette première étape de l’allaitement sans être dérangé.

Des études démontrent l’intérêt de cette pratique pour le reste de l’allaitement.

Laisser le bébé effectuer le crawl du nouveau-né et prendre le sein tout seul diminuerait les risques de difficultés sur la suite de l’allaitement. ( Source : feuillets du Dr Newman n°1)

La prise du sein étant le facteur le plus important et sans doute le plus difficile à maîtriser pour réussir le démarrage de l’allaitement, offrir au bébé la possibilité d’effectuer sa première tétée tout seul, c’est s’offrir beaucoup plus de chance de réussir l’allaitement dès les premiers jours.

 ➡ Le crawl du nouveau-né fait d’ailleurs partie des requêtes que je conseille à mes lectrices pour la rédaction de leur projet de naissance.

 


CONCLUSION :

Pour réussir le démarrage de l’allaitement, la première tétée et les premiers jours d’allaitement sont souvent cruciaux.

Beaucoup de mamans réussiront à allaiter leur enfant malgré un démarrage chaotique, mais ce sera beaucoup plus difficile à la fois physiquement (souffrances, douleurs) et mentalement (doute, sensation de ne pas être à la hauteur, peur de rater l’allaitement).

Heureusement, en préparant son allaitement, on peut augmenter significativement les chances de réussites de celui-ci. Vous souhaitez en savoir plus ? Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir gratuitement tous les conseils de préparation à l’allaitement, et même plus… 😉

 

 

Bon (futur) allaitement ! 

 

 

 

 

 



Sources :