Je suis ravie d’écrire un article sur quelque chose qui selon moi, représente une vraie révolution pour l’allaitement dans les lieux publics, et laisse espérer de vrais changements de regard à ce sujet. Selon moi, cet évènement porte une double victoire :

  • L’évolution de l’allaitement sur les lieux publics
  • L’évolution de l’allaitement sur le lieu de travail

Un évènement historique

Une femme, une Australienne, membre du sénat, engagée pour l’allaitement, a pu allaiter son enfant au sein même du parlement fédéral australien (petit jeu de mot 😉 )

Un vrai évènement historique pour l’allaitement ! Cette femme, Larissa Waters est entrée dans l’histoire car elle est devenue la première femme sénatrice à allaiter son bébé au parlement, ce 9 mai 2017, en pleine séance du parlement fédéral australien. Sa fille, Alia, devient donc le premier bébé allaité au parlement ! Une vraie victoire pour les femmes qui souhaitent toutes à la fois être de bonnes mamans, et de vraies professionnelles investies dans leur travail. Nous sommes toutes concernées par cette histoire.

Personnellement je tiens à dire que je suis vraiment impressionnée par le cran de cette femme quand on sait combien on peut se sentir jugée ou regardée (de travers ) lorsqu’on allaite son bébé dans un lieu public, et encore plus quand ce lieu public n’est autre que notre lieu de travail ! D’ailleurs, pour la petite anecdote, l’allaitement est autorisé dans l’enceinte du parlement depuis l’année 2003. Or, aucune femme n’avait jusqu’alors mis en exécution ce droit. Par contre, ce n’est que depuis 2016 que les membres du parlement australien ont le droit de se rendre sur leur lieu de travail accompagnés de leurs enfants. Larissa Waters l’a fait, et elle a fait mieux encore, elle l’a revendiqué sur twitter, en commentant la photo d’elle, allaitant son bébé, au parlement. D’ailleurs c’est en partie grâce à elle que cette loi de 2016 a été votée, car elle faisait partie d’un groupe qui s’est battu pour étendre les droits d’allaitement. On peut dire que c’est réussi.

D’ailleurs, c’est une révolution pour l’allaitement, en tout cas en Australie, car il faut savoir qu’en 2003, Kirstie Marshall, avait été expulsée de ce même parlement australien, pour avoir….. à votre avis ?

Pour avoir allaité sa petite fille dans l’enceinte du parlement !

 

Allaitement et tabous

Cet évènement fait d’ailleurs ressortir de nombreux tabous qui concernent l’allaitement et les difficultés qu’il peut représenter pour le quotidien d’une mère dans le cadre public, mais aussi sur les équipements publics en place pour la garde :

  • Allaiter sur un lieu public
  • Concilier allaitement et travail
  • Les problèmes de garde des enfants

 

Allaiter dans un lieu public

L’allaitement maternel est une chose naturelle, bienveillante et parfaitement seine. Malheureusement, les gens ne sont pas tous de cet avis, et on n’est pas à l’abri du jugement des autres ou des regards vicieux de ceux qui ne sont pas bien nets……! (des pervers quoi !!!!… CQFD)

Le problème c’est qu’on s’expose au regard des autres, car forcément, pour allaiter, on doit en partie se dénuder. L’hyper-érotisation du sein fait que nous-même, avons une certaine pudeur, à allaiter en public. En tout cas pour mon cas personnel, lorsqu’il s’est agit d’allaiter (maintenant il a 3 ans, et donc j’ai fini par arrêter de l’allaiter bien que certaines personnes semblaient penser que j’allais l’allaiter jusqu’à ses 18 ans tant elles me répétaient souvent la phrase « tu comptes l’allaiter encore longtemps ? »), j’ai toujours ressenti cette réserve, et donc j’ai toujours cherché « l’endroit idéal« , pour allaiter discrètement, voir me cacher pour allaiter ! D’ailleurs j’ai fini par prendre l’habitude de l’allaiter dans les cabines d’essayages des magasins ou supermarchés (petite astuce) pour être -enfin- tranquille.

Non seulement  il y a le jugement permanent (pour tout et n’importe quoi dès qu’on devient maman d’ailleurs, mais ça j’en parlerai dans un autre article sinon je vais m’égarer trop longtemps du sujet initial !!) de la part des autres, mais aussi, il y a les textes de lois, et là, on n’est pas toujours bien informée !

Sachez mesdames, que vous avez parfaitement le droit d’allaiter dans un lieu public en France, quoiqu’on en dise, et quoiqu’on en pense !

L’allaitement au travail est autorisé en France, à raison d’une heure par jour ! Le saviez-vous ? Vous avez droit à deux pauses de 30 minutes pour allaiter votre enfant directement (bonjour la logistique) ou tirer votre lait (bonjour le matériel lol).

 

Travailler ou élever son enfant

Evoluer professionnellement ou élever son enfant : un choix s’impose

C’est vrai que c’est très difficile de devenir mère et de -malheureusement-, fortement à contre coeur, devoir faire un choix entre : être présente pour son enfant, son éducation, le voir grandir, faire ses premiers pas, l’allaiter etc… ou évoluer professionnellement, continuer de travailler à plein temps. De tout temps les femmes ont eu des enfants, et le cycle de la vie ne peut être différent…. il faudrait apporter des solutions qui permettent au femme de poursuivre leur travail sans pour autant culpabiliser ou être éloignées de leur enfant. Une révolution dans les modes de pensées est nécessaire.

Les femmes modernes doivent s’imposer de choisir entre leur carrière professionnelle et leur vie de famille. Moi-même j’en suis là. Moi-même je me suis arrêtée pendant trois ans pour élever mon fils jusqu’à son entrée à l’école, mais à quel prix ? Je suis très fière d’avoir fait ce choix, et je l’assume entièrement, mais quand la question d’un deuxième enfant se pose, je soulève alors un problème, en tout cas un gros problème pour moi : et ma carrière ? Si j’ai un deuxième enfant, que vais-je faire de ma carrière ? Et donc… pour l’instant, je choisis de donner du temps à ma carrière professionnelle, je choisis de me donner une opportunité de réussir. Et donc le deuxième enfant, ça reste un désir, mais pas une réalité, car personnellement, je ne me vois pas le laisser toute la journée à la crèche ou chez la nounou, sans pouvoir me dire que je lui ai appris à marcher, à parler, je l’ai allaité pour lui apporter l’alimentation la plus adaptée à ses besoin etc…. Je veux pouvoir me dire qu’avec mon enfant, je « sors du système ». Après je respecte parfaitement les mamans qui font le choix (ou qui ne l’ont pas) de laisser leur enfant à la garderie (qu’elle que soit le mode de garderie) pour poursuivre leur vie professionnelle. Je souhaite juste soulever ce problème de DEVOIR FAIRE UN CHOIX.

Arrêter de travailler : Est-ce le rôle de la femme ?

Et d’ailleurs ce choix soulève aussi la question de l’égalité homme-femme, car là encore, ce sont les femmes qui font le sacrifice. Oui, parce que les hommes, dans le couple, ne se posent pas vraiment le problème. Bon je généralise beaucoup car j’en connais certains qui ont arrêté le travail quelques temps pour s’occuper de leur enfant pendant que la maman allait au travail (non en fait je n’en connais qu’un), mais dans l’ensemble, on peut dire que quelque soit la situation, c’est la femme qui porte la CULPABILITE de devoir renoncer, soit :

  • à sa carrière professionnelle
  • à être présente auprès de son enfant

Et quoiqu’on en dise, c’est 99% du temps la maman qui s’arrête de travailler ou qui se charge de trouver une garde pour l’enfant, ou l’inscrire à l’école. Je pense qu’on est encore loin d’être dans un monde moderne lorsqu’il s’agit de la parentalité, même si je ne mets pas en doute la bienveillance des papas du 21ème siècle (ni de ceux d’avant d’ailleurs) !

Garde de l’enfant : un casse-tête chinois ?

Ceci-dit, je souhaite avant tout mettre en avant les problèmes de garde qui se posent en France, et non l’égalité homme-femme… ci-dessus c’est mon côté féministe qui a parlé (« écrit » plutôt) un peu trop. Bref, en France, il faut inscrire son enfant à la crèche alors qu’il n’est même pas né. Concrètement, dès qu’on sait qu’on est enceinte, on devrait courir à la mairie pour inscrire notre enfant au super formulaire presto afin qu’on puisse espérer avoir une place pour lui en crèche, à sa naissance. Rien que ça je trouve que c’est une aberration !!! Bientôt il faudra inscrire son enfant avant même d’avoir trouvé son chéri !!!!

Pour l’anecdote, j’ai rempli ce fameux formulaire, et il a eu une place disponible pour…….. roulement de tambour…… ses 1 an !! Alors, selon la ville où on habite, ça ne suffit même pas de l’inscrire si vite !

Autre possibilité qui s’offre à nous, l’assistante maternelle alias la « nounou » ! Et là, c’est un peu plus facile de trouver, mais ça reste quand même compliqué si on veut prendre une assistante maternelle « officielle » et non pas « au black », et/ou si on a des horaires de travail un peu conséquentes. Compliqué, pourquoi ? D’abord pour se procurer la liste des assistantes maternelles disponibles dans notre ville (qu’il faudra appeler une par une), ensuite pour leur faire un contrat d’embauche digne de ce nom en tant qu’employeur, alors qu’on n’a jamais fait cela auparavant….

Je ne vais pas me pencher davantage sur le sujet, mais je tâcherai d’écrire un article là-dessus et de revendiquer des possibilités et des opportunités de garde pour nous, pauvres parents, qui cherchons parfois désespérément un endroit sain (et disponible) pour notre progéniture adorée !


CONCLUSION

On peut retenir qu’enfin, oui, ENFIN une avancée a eu lieu dans le monde de l’allaitement dans un lieu public et plus précisément, sur le lieu de travail. Enfin une femme, une sénatrice, une maman, a pu allier travail et maternité avec assurance. Merci à elle de l’avoir fait. Malheureusement il y a encore beaucoup de sujets et de tabous à faire évoluer autour de la sphère parentale.

 

Bon allaitement ! 

 

➡  Si vous souhaitez participer au mouvement de libération de l’allaitement, n’hésitez pas à partager cet article avec le hashtag #allaiterenpublic

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